Sébastien Martin à Cherbourg pour parler industrie de défense

Le ministre délégué chargé de l’industrie, Sébastien Martin, a choisi le jour du vote solennel à l’Assemblée nationale de la Loi de programmation militaire (LPM) pour effectuer une double visite chez Naval Group puis sur le site de l’école de soudure Ephaïs pour rappeler la volonté du gouvernement d’embarquer les PME et les ETI françaises dans ces marchés porteurs.

Lorsqu’il est question d’excellence en matière d’industrie de défense, les regards se tournent bien souvent vers la Normandie et plus particulièrement Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Une ville qui abrite un des fleurons hexagonaux du secteur, Naval Group, chez qui le ministre délégué chargé de l’industrie, Sébastien Martin, s’est rendu mardi 19 mai. Un déplacement effectué en parallèle du vote à l’Assemblée nationale de la Loi de programmation militaire (LPM), comme pour mieux illustrer la politique du gouvernement en la matière. Pour la période 2026-2030, on parle de 449 milliards d’euros au total, soit 36 milliards d’euros supplémentaires injectés par rapport à la précédente LPM. Avec la volonté affichée par le gouvernement de favoriser « le ruissellement dans toute la chaîne de valeur », assurait le cabinet du ministre en amont de la visite normande. Les cibles de ce ruissellement attendu, ce sont les PME, les ETI et les start-up qui interviennent dans le secteur de la défense. Des entreprises parfois spécialisés défense mais le plus souvent duales, impliquées à la fois dans les marchés civils et militaires.

Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin lors d’une précédente visite en Normandie sur le site de production de Safran à Vernon (Eure). © JAS

Normandie Défense, un fonds unique en France

Autre signe de l’engagement de l’Etat, la délégation générale à l’armement (DGA) va porter à 42 milliards d’euros le volume de ses commandes en 2026 contre 38 milliards d’euros en 2025. En 2025, toujours, le gouvernement avait initié avec les investisseurs privés et les réseaux bancaires un dialogue de place en faveur du financement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD). Ses conclusions rendues publiques en avril dernier insistaient sur la fragilité du tissu industriel de sous-traitance de la défense dont les besoins en trésorerie sont importants afin de suivre les montées en cadences imposées dans le cadre des marchés de défense. Au rayon des bonnes nouvelles, le ministre salue l’augmentation de 26 % entre 2024 et 2025 des financements octroyés par les six grands réseaux bancaires, soit un volume de 46 milliards d’euros de financements au bénéfice des activités de défense. Bpifrance a créé en parallèle un fonds défense qui a déjà levé 70 millions d’euros auprès de particuliers et 30 véhicules d’investissement dédiés aux activités de défense ont été créés ces douze derniers mois. En Normandie, sous l’impulsion de la Région, le fonds Normandie Défense a vu le jour en mars dernier, devenant ainsi le premier fonds régional de ce type en France dédié spécifiquement au financement des PME du secteur.

Les « bonnes pratiques » de Naval Group en exemple

Sébastien Martin a également choisi sa visite normande pour rappeler la mise en oeuvre d’un plan spécifique de 300 millions d’euros en faveur des entreprises « duales », intervenant à la fois dans le domaine civil et militaire. Le travail d’identification des bénéficiaires de ces fonds est en cours, a d’ailleurs souligné le cabinet du ministre. A Cherbourg, le ministre en charge de l’Industrie est aussi venu constater les « bonnes pratiques » mises en oeuvre par Naval Group auprès de sa chaîne de valeur tandis que du côté de Bercy, confirme le cabinet du ministre, la Délégation générale aux entreprises (DGE) s’est vue confier la mission de dresser un état des lieux de ces bonnes pratiques dans des domaines civiles tels que l’aéronautique ou le ferroviaire afin de les partager avec la DGA. La visite, ponctuée par une prise de parole du ministre sur le site de l’école de soudure industrielle Ephaïs aura également été l’occasion de rappeler que l’on dénombre à ce jour 60 000 emplois industriels non pourvus en France, dont 10 000 pour le seul secteur de la défense.

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