Réélu sans surprise à la présidence de la Métropole Rouen Normandie, le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol (PS), a annoncé son souhait de porter avec son homologue du Havre, Edouard Philippe (Horizons), « une initiative normande » au sujet de la LNPN (Ligne nouvelle Paris-Normandie).
Les équilibres politiques sur le territoire de la métropole de Rouen ayant relativement peu évolué lors du dernier scrutin municipal, c’est dans un fauteuil que le président sortant, Nicolas Mayer-Rossignol (PS), a été réélu pour un nouveau mandat à la tête de l’intercommunalité. Récoltant 107 suffrages sur 135 votants. le maire de Rouen a dans son discours d’installation précisé les contours de la politique qu’il entend mener ces six prochaines années (voire sept en raison de la concomitance en 2032 d’une élection présidentielle).

Installation du conseil métropolitain de Rouen le 8 avril 2026. © JAS
« Il y a six ans, nous partions de loin… », a rappelé l’élu, évoquant le contexte de son élection de 2020 intervenue en pleine crise sanitaire et moins d’un an après l’incendie de l’usine Lubrizol qui a fortement marqué les esprits au plan local. Autant d’événements qui ne créaient pas d’emblée « les conditions les plus favorables pour avoir envie de s’installer » sur le territoire de la métropole. Pourtant, estime le président réélu, les signaux sont aujourd’hui beaucoup plus favorables, avec nombre d’indicateurs qui progressent et qui placent Rouen « parmi les villes les plus engagées dans la transition écologique », revendique Nicolas Mayer-Rossignol. Sans oublier le nombre d’étudiants (54 000), la fréquentation touristique en hausse ou encore les créations nettes d’emplois (9 000) enregistrées sur le dernier mandat.
Fort de ces constats, Nicolas Mayer-Rossignol a promis « un mandat qui sera celui de l’amplification d’une vision et du travail engagé », notamment s’agissant de la question des mobilités. Expliquant que la métropole « a besoin d’un nouveau tramway », le président réélu a annoncé une grande concertation publique à venir sur l’évolution de l’offre de transport sur le territoire de l’agglomération. L’autre grand sujet en matière de mobilités, c’est celui du train ; qu’il s’agisse de la Ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN), de la nouvelle gare Saint-Sever rive gauche ou encore du projet de SERM (service express régional métropolitain).
Rendez-vous fin juin avec les membres de l’Entente Axe Seine
A la croisée de ces différents enjeux, la LNPN fait aujourd’hui figure « d’arlésienne », a déploré l’élu, qui concède que « beaucoup de nos concitoyens n’y croient plus ». Un sujet sur lequel la perspective de l’élection présidentielle de 2027 fait encore peser un peu plus d’incertitudes, a estimé le maire de Rouen, qui a insisté sur le caractère « essentiel pour toute la Normandie » de ce projet. « Aujourd’hui, nous avons besoin de toute notre énergie collective pour pousser ce dossier en haut de la pile nationale et européenne », car, a-t-il dit, « nous ne réussirons pas seuls ». Pour tenter d’appuyer la dynamique nouvelle née du dernier comité de pilotage de la LNPN qui s’est tenu en début d’année au ministère des Transports, Nicolas Mayer-Rossignol a proposé au maire du Havre Edouard Philippe (Horizons) « une initiative normande » pour faire avancer « le projet du siècle de notre territoire » qui réclame « une union sacrée normande ».
Fin juin, l’ensemble des intercommunalités concernées, réunies au sein de l’Entente Axe Seine, se réuniront pour renforcer leur action en la matière, a confirmé le président de la métropole, estimant que désormais « il faut aller plus loin ».
La séance d’installation du Conseil métropolitain du 8 avril 2026 a permis de fixer à 15 le nombre de vice-présidences du nouvel exécutif métropolitain, sachant que les périmètres exactes des délégations doivent être précisés par arrêté du président de la métropole. Le premier VP est Djoudé Merabet (Urbanisme et aménagement du territoire) ; suivent Astrid Lamotte (Petites communes et ruralité), Nicolas Rouly (Culture, droits culturels, patrimoine et matrimoine), Charlotte Goujon (Transition et innovation écologique), Agnès Cercel (Emploi et solidarités), Cyrille Moreau (Transports et mobilités), Kaltoum Gachi (Fraternité, lutte contre le racisme et les discriminations, égalité H/F, handicap et inclusion, démocratie participative et co-construction citoyenne), Julie Lesage (Sécurité et tranquillité publique, risques naturels, industriels et sanitaires, santé), Abdelkrim Marchani (Économie, attractivité et rayonnement, numérique et innovation, Europe et international, enseignement supérieur et recherche, jeunesse et vie étudiante), Joachim Moyse (Logement, habitat, politique de la ville), David Lamiray (Sports), Laurence Renou (Finances, ressources, administration générale), Hugo Langlois (Cycle de l’eau, Gemapi, assainissement), Théo Perez (Énergies, déchets), Sophie Boucquiaux (Relations avec les usagers, médiation, transparence et déontologie, open data). La commission d’appels d’offres échoit quant à elle à un élu d’opposition, Laurent Bonnaterre (Horizons).