La phase de concertation préalable du projet de production d’hydrogène du groupe Qair près du Havre, a démarré jeudi 1er octobre et s’achèvera le 29 novembre prochain. Organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), elle doit permettre au public de se prononcer dans les semaines qui viennent sur le projet qui sera présenté en séances publics par l’industriel.
Le groupe Qair a lancé jeudi 1er octobre la phase de concertation préalable relative à son projet Méthavert d’usine de production d’hydrogène dans l’estuaire de la Seine. Organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) et de ses deux garants Sophie Marie et Alban Bourcier, la concertation va se décliner d’ici au 29 novembre prochain à travers des réunions publics, des visites de site, destinées à éclairer le public et les riverains sur ce projet industriel prévu pour occuper une parcelle de 60 ha sur la commune de Rogerville (Seine-Maritime) aux portes de la Zone industrialo-portuaire du Havre.

Vue 3D de ce à quoi pourrait ressembler l’unité de production de Qair sur la ZIP du Havre. © Qair
Lauréat en 2024 d’un appel à projets de Haropa port (« Ouest A29 »), le site labélisé « clé en main, France 2030 » devrait accueillir à horizon 2031 une unité de production d’hydrogène par électrolyse de l’eau alimentée par de l’électricité renouvelable ainsi que du CO2 biogénique en vue de la production – dans une phase ultérieure – de e-méthanol; « un carburant appelé à jouer un rôle clé dans la décarbonation du transport maritime ainsi que dans certains usages industriels », précise le porteur du projet qui a néanmoins annoncé en début d’année « un réajustement stratégique » concernant cette partie du projet Méthavert.
500 millions d’euros d’investissements à la clé
En effet, dans son projet initial, Qair ciblait prioritairement les armateurs maritimes qui s’engagent de plus en plus, à l’instar du français CMA-CGM, dans la décarbonation de leurs activités. Aujourd’hui, ces mêmes opérateurs semblent avoir laissé – provisoirement – leurs ambitions à quai, davantage en raison des atermoiements réglementaires en la matière – notamment au Etats-Unis – que pour des questions de coûts. Qair a donc fait le choix de s’adapter à cette nouvelle donne en mettant l’accent sur les besoins en décarbonation de l’industrie à travers la production d’hydrogène pour laquelle la réglementation française et européenne est désormais plus favorable.
Qair prévoit à ce stade d’investir 500 millions d’euros pour développer un électrolyseur de 300 MW de capacité en vitesse de croisière (140 MW en première phase). Le projet est lauréat depuis avril dernier du Fonds européen pour une transition juste (FTJ).
A découvrir, l’agenda de la concertation.