Thermo-sur-Seine : l’impossible concertation

La concertation menée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) sur le projet Thermo-sur-Seine, à Vitry, s’est achevée jeudi 29 octobre comme elle avait commencé : sous le brouhaha d’une salle remplie majoritairement d’opposants refusant d’entendre les arguments des porteurs de projet, empêchant tout débat contradictoire.

La dernière réunion publique de la première phase de concertation menée autour du projet de chaufferie au combustible solide de récupération (CSR) de Vitry-sur-Seine, qui s’est tenue jeudi 29 octobre en mairie de Vitry, a dû être interrompue avant son terme. Les nombreux opposants présents ont d’abord obtenu, à force de sifflets et de slogans bruyants couvrant les prises de parole en tribune, que les représentants des associations locales s’expriment en premier, avant le rappel descriptif du projet prévu. Puis, une fois que les associations ont redit leurs griefs contre cette infrastructure, ils ont empêché, en la couvrant d’un « On n’en veut pas » répété en boucle, l’intervention d’Antoine du Souich, représentant du secrétariat général de la Ville de Paris. Résultat, la réunion a dû être interrompue. « J’étais venue pour m’informer du projet. Je suis déçue de cette fin qui ne me permet pas de me faire un avis », confiait une Vitriote.

Les associations – Acid Vitry, FNE, collectif 3R – ont décliné trois griefs principaux, qui s’ajoutent à leur conviction que la chaufferie émettra des polluants à des niveaux préjudiciables pour la santé des riverains, alors que les porteurs de projet réaffirment à chaque réunion, quand ils peuvent s’exprimer, que Thermo-sur-Seine réduit considérablement les niveaux de pollution par rapport aux émissions des unités existantes, dans lesquelles la vapeur est produite avec du gaz fossile.

Dès le début de la réunion, les opposants ont exigé que les représentants des associations opposées au projet s’expriment les premiers. © Jgp

« On n’en veut pas », ont scandé de nombreux participants, opposés au projet de Thermo-sur-Seine. © Jgp

Antoine du Souich, du secrétariat général de la Ville de Paris, dont les propos sont couverts par le vacarme des opposants. © Jgp

Amélie Boespflug, coprésidente du collectif 3R. © Jgp

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Parmi les arguments repris jeudi 29 octobre par les opposants au projet figure d’abord le calendrier de la concertation. La loi impose une concertation « lorsque toutes les options sont encore possibles », a rappelé Amélie Boespflug, coprésidente du collectif 3R, avant de dérouler la chronologie : offre d’achat du terrain par Paris le 31 janvier 2025, délibération de juillet 2025 ouvrant la voie à une expropriation, concession attribuée à Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville le 19 décembre 2025, saisine de la CNDP en janvier 2026, contrat signé le 10 avril, pour une concertation ouverte le 1er septembre. « La procédure arrive bien après que toutes les décisions administratives ont été prises, elle devrait être caduque », a lancé la porte-parole du collectif 3R. Carine Petit, présidente de la Semop, et Alice Timsit, adjointe à la maire de Paris, n’ont jamais dit si le projet pouvait être annulé, ont ajouté les opposants, qui déplorent de ne pas avoir obtenu l’offre du concessionnaire malgré un avis favorable de la Cada du 8 octobre.

La ressource ensuite. Le CSR, refus de tri d’encombrants et de déchets d’activités, suppose des usines de préparation – tri, séchage, broyage – qui n’existent pas encore en Île-de-France en quantité suffisante pour alimenter la future chaufferie de Vitry, a-t-il été affirmé. Le bois B, nécessaire à hauteur de 50 % pour qualifier le combustible de biogénique, connaîtra une concurrence « très forte entre 2035 et 2050 », la période d’exploitation prévue, ont également fait valoir les opposants au projet, qui redoutent un repli sur les granulés de bois, dont le prix doit grimper de 38 % l’an prochain.

Le prix enfin. La baisse promise à 69 % des usagers compare, selon eux, le gaz d’aujourd’hui à un CSR payé cinq euros la tonne « parce que personne ne l’utilise actuellement », sans intégrer le transport ni la taxe carbone européenne, dont l’exonération doit s’éteindre après 2031. Le journal du Grand Paris a présenté récemment une synthèse des arguments des opposants et des réponses des promoteurs du projet.

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