Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE) et la communauté d’agglomération du Havre (Codah) ont signé, vendredi 27 avril 2018 dans les locaux havrais de l’ENSM (école de la marine marchande), une convention de partenariat destinée à mieux coordonner leurs actions en matière d’attractivité.
Cette signature s’est déroulée en présence de dirigeants d’entreprises franciliens et normands ainsi que du délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine, François Philizot, et de l’ancien ministre et pionnier du Grand Paris, Christian Blanc.
Pour les deux signataires, l’enjeu consiste à développer un argumentaire commun de valorisation du Grand Paris à l’international. La première étape, en somme, d’une stratégie de marketing territorial unifiée, nécessaire dans la compétition acharnée à laquelle se livrent les grandes métropoles mondiales. « Aujourd’hui, nous posons les pistes sur lesquelles nous allons travailler », précise Alexandre Missoffe, directeur général de Paris-Ile de France Capitale Economique.

Alexandre Missoffe (directeur général de Paris-Ile de France Capitale Economique) et Luc Lemonnier (maire du Havre et président de la Codah). ©Jgp
Le constat, partagé par le maire du Havre et président de la Codah, Luc Lemonnier, est que pour revendiquer un statut de ville-monde, la Capitale doit être reliée à la mer. Ce lien existe, c’est la vallée de la Seine et son port d’estuaire est Le Havre. « Voilà pourquoi nos destins sont liés », résume l’élu. Et la signature de ce partenariat n’est au fond que la « concrétisation de nos intérêts communs », quels que soient les enjeux : industriels, logistiques et portuaires, touristiques ou environnementaux. Une signature « entre partenaires économiques et pas entre collectivités », insiste l’élu.
Objectif, attirer les investissements internationaux
Dans cette course au rayonnement international du Grand Paris, engagée il y a tout juste dix ans, « Le Havre est un atout », rappelle Alexandre Missoffe. Sur le seul nom de la Capitale le projet suscite déjà « un intérêt phénoménal à l’international », assure-t-il. « Mais les actions de promotion du Grand Paris seront d’autant plus fortes que l’on pourra expliquer l’atout que représente Le Havre », premier port à conteneurs de France et fer de lance de l’alliance portuaire Haropa qui réunit les établissements portuaires de Paris, Rouen et Le Havre. Paris avait trois aéroports, elle a désormais un port ! »
Un atout que les deux partenaires comptent bien mettre en avant dans la compétition qui les oppose aux plus grandes métropoles mondiales pour attirer les investissements internationaux. PCE se fixe comme objectif prioritaire de flécher ces investissements vers le Grand Paris. Passé du « ventre mou » au trio de tête des villes-monde captant ces flux financiers, le Grand Paris pourrait monter dès 2019 sur la plus haute marche du podium, annonce le directeur général, passant même devant les intouchables Londres et Singapour.
Pour y parvenir, le Grand Paris regarde notamment vers la Chine, explique Alexandre Missoffe : « aujourd’hui, le projet des Routes de la soie (Belt & Road Initiative) porté par les autorités chinoises met en avant l’idée de grands corridors de transport qui doivent fonctionner dans les deux sens », entre la deuxième puissance économique mondiale et les grands centres économiques de la planète. Face à la volonté affichée par la Chine de réduire ses investissements à l’étranger, la « labellisation » Belt & Road Initiative devient essentielle. « La question est de savoir si l’on fait partie de ce système ou non ! Des villes comme Lyon ont des projets identifiés, Le Havre également, mais il manque une charnière pour faire le lien : le Grand Paris. »