M. Valache : « Paris Seine Normandie participe à l’émergence de grands projets de développement économique »

Michel Valache, président de Paris Seine Normandie, présente l’action de l’association créée par les CCI d’Ile-de-France et de Normandie pour favoriser l’émergence de projets à l’échelle de l’Axe.

Quel est le rôle de Paris Seine Normandie ?

Dans le cadre du projet politique du Grand Paris avait émergé, en 2010, une vision tournée vers Le Havre qui nous semble importante. Celle-ci venait notamment d’un rapport consulaire commun à l’Ile-de-France et la Normandie, complété et illustré par plusieurs forums économiques, jusqu’à la création de l’association Paris Seine Normandie en 2013. Celle-ci est la conjonction de visions partagées des chambres de commerce et d’industrie d’Ile-de-France et de Normandie. Son objectif est de participer à l’émergence de grands projets de développement économique sur le territoire de l’axe Seine. Nous collaborons donc étroitement avec la délégation interministérielle au développement de la Vallée de la Seine.

Michel Valache. © PSN

Plus de 80 % des échanges commerciaux mondiaux passent par la mer, et il ne faut pas oublier qu’une façade maritime est nécessaire pour faire partie des grandes métropoles mondiales. Nous avons tout de suite appuyé cette vision dont il n’est plus question depuis trois à quatre ans, et que nous souhaitons remettre au goût du jour avec Paris Seine Normandie.

Comment le secteur privé agit dans la construction de cet axe ?

Notre vision concerne le développement économique avant tout : la logistique, les transports multimodaux et l’industrie évidemment, mais plus largement toute la croissance du bassin économique dont le Grand Paris pourrait profiter. Il faut pour cela casser les silos entre les mondes politique et économique, et à l’intérieur du second. Nous travaillons à des projets collaboratifs, dans le bon sens du terme, qui soient économiquement profitables afin notamment d’optimiser les flux ou de faire émerger un grand système portuaire nécessaire à l’Europe.

Quels projets portez-vous ?

Nous sommes moteurs, par exemple, dans le soutien au développement des croisières fluviales qui commencent à fonctionner. Il s’agit d’une niche en fort développement dans un secteur touristique qui représente 400 000 emplois sur l’axe. Redescendre ou remonter la Seine en s’arrêtant à différentes haltes/escales est une dynamique qui se met en place et que nous soutenons. L’Ile-de-France est très bien placée au niveau mondial en termes de tourisme, et l’offre qui se développe le long de la Seine est le complément d’objet direct de ce qui existe à Paris. C’est une bonne illustration des complémentarités économiques entre la Normandie et l’Ile-de-France.

Nous souhaitons aussi placer l’axe Seine dans une dynamique territoriale élargie, notamment à travers une collaboration interrégionale entre l’Ile-de-France, la Normandie et les Hauts-de-France. Pour les secteurs d’activité sensibles au report modal – matériaux, agro-industries, chimie, recyclage, etc. –, l’hinterland naturel de l’axe Seine s’étend vers les canaux du Nord et le corridor du Rhin.

Vous travaillez également à la création d’une plateforme de données ?

Nous avons commencé en effet la structuration d’un outil de collecte, d’échange et de mise à disposition de données au service du territoire, le Seine Valley Community System. Cette plateforme doit permettre de doter l’axe d’un système d’information répondant aux enjeux de flux, de transport, d’emploi, de foncier, de mix énergétique, etc. Cet outil devra permettre de simuler le potentiel de développement des territoires afin de créer des scénarios pour les projets publics ou privés et de faire ainsi les meilleurs choix d’investissement selon les données prospectives. Pour mieux réussir collectivement, il est nécessaire de partager un minimum d’informations. La plateforme permettra de mieux positionner le territoire dans la compétition mondiale et de créer une meilleure relation entre les acteurs locaux. En mettant l’intelligence des données au service de l’efficacité économique du territoire, à travers un outil évolutif et partageable, nous cherchons à constituer un véritable actif économique pour le territoire.

Que manque-t-il à la Vallée de la Seine pour se développer ?

Il y a aujourd’hui une délégation interministérielle, avec un préfet à sa tête qui administre ce territoire avec des moyens pour porter des projets. Ce qui nous semble manquer, c’est de la perméabilité (l’osmose) entre les deux grandes régions, car elles ne font que cohabiter sans tenir suffisamment compte de l’importance des flux – mobilité humaine, transport de marchandises – qui en font un territoire de continuité et de complémentarité.

Nous devons arriver à fédérer grâce à des projets marquants comme le Seine Valley Community System, et montrer que la réussite du Grand Paris passe par le développement de l’axe Seine.

Nous avons d’ailleurs un projet d’étude qui vise à montrer que l’aura du Havre profitera à l’Ile-de-France. Il serait intéressant de marquer les esprits à ce sujet, en mesurant tout simplement les effets du développement de l’axe Seine sur l’ensemble du territoire qu’il irrigue.

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