Le point sur la fusion des ports de l’Axe Seine

Les informations sur le futur ensemble unique qui réunira les ports du Havre, de Rouen et de Paris, sont communiquées au fil des semaines depuis octobre dernier. Après les annonces du Premier ministre Jean Castex et celles faites lors des résultats 2020 d’Haropa, voici un point sur ce que l’on sait.

« 2020 a été une année marquée par la crise mais aussi par des étapes franchies vers la fusion d’Haropa », a remarqué Stéphane Raison, directeur général du GIE et futur président du directoire de l’établissement public qui réunira les ports de l’Axe Seine. Sa nomination a été rendue publique le 27 octobre 2020 par le ministère de la Transition écologique, qui a livré à cette occasion deux autres informations attendues : le siège sera situé au Havre et la date de la fusion est désormais fixée au 1er juin 2021.

Stéphane Raison, futur président du directoire d’Haropa. © Haropa

Mais rien sur la gouvernance, qui a cependant été précisée au fil des visites gouvernementales durant ce mois de janvier. Celle-ci se révèle assez classique, à l’image de ce qui existe dans les grands ports maritimes français.

La gouvernance en détail

Haropa disposera d’abord d’un directoire, qui sera donc présidé par Stéphane Raison. Le conseil de surveillance sera, lui, composé de 17 membres avec cinq représentants de l’Etat, quatre personnalités qualifiées issues du monde économique, les deux régions Ile-de-France et Normandie, les métropoles du Havre, de Rouen et de Paris ainsi que trois représentants du personnel. Jean Castex a révélé le 22 janvier le nom d’une des personnalités qualifiées, en la personne de Daniel Havis – entrepreneur rouennais et président d’honneur de la Matmut -, que l’Etat proposera pour prendre la présidence de cette instance.

L’établissement public disposera aussi d’un conseil d’orientation de l’Axe Seine, permettant « d’éclairer les décisions stratégiques du conseil de surveillance ». Enfin, chaque place portuaire disposera d’un conseil de développement territorial afin de représenter les intérêts locaux et de les porter auprès du conseil de surveillance.

Un feuille de route jusqu’à 2025

La concertation sur le plan stratégique d’Haropa à horizon 2025 s’est achevée le 31 janvier. Ce plan est « l’épine dorsale, le cœur de notre mission à partir du 1er juin », a observé le directeur général. Il repose sur quatre piliers –  services aux clients, innovation, transition écologique, capital humain – et fixe les axes de développement : orientation multi-filières, logistique et multimodalité.

« Ce plan se veut au plus près des territoires, note le GIE. En guidant et encourageant les investissements et projets dans chacune des places portuaires, il permet aux ports de l’axe Seine d’orienter leur stratégie pour les prochaines années. » Il est présenté comme « résolument durable, responsable, innovant et à l’écoute de ses parties prenantes », avec l’objectif de constituer une « feuille de route ambitieuse [qui] doit permettre de constituer un complexe portuaire de taille européenne ».

Le plan stratégique pourra s’appuyer sur une « trajectoire d’investissement inédite », a indiqué Stéphane Raison le 28 janvier, avec 1,45 milliard d’euros sur la période 2020-2027 pour les trois ports. Une somme destinée pour plus de 800 millions d’euros au port du Havre, pour 370 millions à ceux de Paris et pour 270 millions à celui de Rouen. 130 opérations vont ainsi être financées, 50 % concernant des grands projets d’Haropa, dont les parcs P11-P12 de Port 2000 au Havre, la création du port Seine-métropole ouest dans les Yvelines, les projets d’éolien offshore, etc.

Protocole social signé

Le futur président du directoire a aussi signalé la signature, à Paris le 27 janvier, du protocole d’accord cadre inter-établissements publics portuaires portant sur les conditions et garanties d’accompagnement social. Un accord qui constitue, selon lui, un « socle important de stabilité », avec un « maintien des accords existants dans les ports », un « principe de non mobilité géographique et un dispositif d’accompagnement pour les salariés du siège » au Havre. Une politique de responsabilité sociale et environnementale va aussi être initiée à l’échelle des ports de l’Axe Seine.

« La signature de cet accord marque le début de la phase d’information et de consultation des instances représentatives du personnel sur le projet d’intégration des trois ports dans un établissement unique portuaire de l’Etat », indique Haropa, qui compte un peu plus de 1 800 salariés, dont environ 160 seront au siège.

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