Contournement est de Rouen : le serpent de mer bouge encore

Dans une décision du 19 novembre 2020, le Conseil d’Etat a rejeté les recours déposés par plusieurs communes ainsi que des associations contre la déclaration d’utilité publique prononcée sur le projet de contournement est de Rouen en 2017. Un événement judiciaire qui n’offre à ce stade aucune certitude que le projet de raccordement entre l’A28 et l’A13 sera bel et bien mené à son terme.

Envisagé depuis 1972, le contournement autoroutier de l’agglomération rouennaise par l’est n’est toujours pas définitivement acquis. Même si la décision du Conseil d’Etat en date du 19 novembre 2020 de rejeter les derniers recours en date apporte de l’eau au moulin des défenseurs du projet, les obstacles restent encore nombreux. Avant même la saisine du préfet relative à la réitération des engagements des collectivités concernées, qui pourrait intervenir courant décembre, des doutes subsistent sur la position finale qui sera celle de la Métropole Rouen Normandie sur le sujet.

« Peut-être le dernier rendez-vous avec ce projet »

Favorable au projet de barreau autoroutier de 41 km sous la précédente mandature, la collectivité va devoir clarifier sa position. Actuel maire de Rouen et président de la métropole, Nicolas Mayer-Rossignol avait affiché durant la campagne des municipales son hostilité au projet, se rapprochant ainsi de ses alliés écologistes. Depuis, l’intercommunalité n’a pas eu l’occasion de se prononcer de manière collective. Ce que dénoncent aujourd’hui des élus de l’opposition qui réclament la mise au vote d’une délibération. « Il s’agit peut-être du dernier rendez-vous avec ce projet », estime Laurent Bonnaterre, président du groupe Métropole des territoires et maire de la commune de Caudebec-lès-Elbeuf.

L’avenir du contournement est de Rouen est dans les mains de métropole. © DR

Pour l’ancien socialiste qui ne désespère pas « de faire bouger les lignes », et donc de rallier des membres de l’actuelle majorité en faveur du projet, « les crédits d’Etat sur ce projet iront à d’autres projets routiers si celui-ci ne se fait pas ». La situation impose désormais le vote d’une délibération en conseil communautaire, car « sans l’accord de la ville et de la métropole, le projet aura du mal à se faire », reconnaît l’élu.

Contribution décisive de la Région

Opposant de la première heure et actuel vice-président de la métropole en charge des transports, Cyrille Moreau (EE-LV) demande également un débat sur le sujet. « Les maires, dit-il, souhaitent de la transparence. Le conseil communautaire a voté une participation financière (Ndlr : sous la précédente mandature), il n’y a que lui qui puisse la défaire ». Quoi qu’il en soit, le vote devra intervenir au plus tard dans le courant du premier trimestre 2021, estime l’élu.

Une clarification qui, pour ne rien simplifier, devrait intervenir en pleine campagne des élections régionales. Une embûche supplémentaire sur la route du contournement est dont on sait à quel point la contribution financière de la Région, aujourd’hui pilotée par Hervé Morin, est décisive pour sa survie. Pas sûr, en effet, que la Région et le département de Seine-Maritime puisse palier à un éventuel retrait de la métropole de Rouen.

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