C. Boulocher : « Nous continuons de servir la demande »

Le président de l’Union portuaire rouennaise (UPR) Christian Boulocher évoque les premières heures du confinement décrété par le gouvernement. Entre maintien de l’activité et crainte d’un ralentissement qui semble inéluctable, les entreprises portuaires s’organisent.

Pouvez-vous aujourd’hui mesurer les conséquences du confinement sur l’activité des entreprises portuaire rouennaises ?

Il y a un vrai impact sur le tourisme et l’activité de croisières. Des escales ont déjà été annulées ou sont en passe de l’être. Sur le trafic marchandises, l’activité reste soutenue. Grâce au sens de la responsabilité de chacun et la grande solidarité entre les différents acteurs, tout fonctionne encore normalement. Nous continuons de servir la demande même si l’on sent poindre le ralentissement avec la fermeture annoncée de certaines usines, comme celles du groupe Renault.

Christian Boulocher

Christian Boulocher. © UPR

Il y a, à l’heure actuelle, une demande très forte des magasins ainsi que sur les approvisionnements des usines, car il y a un décalage dans le temps. Les entreprises de transport, par exemple, assurent les livraisons de ce qui a été commandé les semaines passées. Mais nous savons pertinemment que les secteurs qui s’arrêtent, comme l’automobile, aurons des conséquences sur notre activité dans les semaines à venir.

Comment les entreprises portuaires appréhendent-elles ces premiers jours de confinement ?

On s’attendait depuis plusieurs jours à ce que des mesures de ce type soient prises. Chacun met en place des moyens adaptés dans le respect des règles sanitaires. La vraie difficulté, c’est de se fournir en gèle hydro-alcoolique ou en masques pour nos collaborateurs. Tout cela modifie notre organisation du travail, avec des décalages d’équipes, du travail à vitesse réduite pour éviter les co-activités. Mais globalement, les personnels ont bien compris la problématique et l’enjeu collectif. L’inquiétude que nous avons, c’est si nous découvrons des cas de contamination dans la chaîne logistique. On risque un effet domino et on ne peut pas dire aujourd’hui quel en sera l’impact en termes de santé, mais aussi sur le plan psychologique.

En cette période de crise comment le mouvement que vous présidez s’est-il organisé pour venir au soutien des entreprises de la place portuaire rouennaise ?

Nous avons mis en place à l’UPR un groupe WhatsApp pour échanger entre les différentes branches ainsi qu’avec l’autorité portuaire et la capitainerie. Cela permet à chacun de se tenir informé en maintenant le lien, même si dans un premier temps nous avons tous porté l’attention sur nos propres entreprises. L’enjeu collectif est d’assurer la continuité. Et je note une vraie prise de conscience, une solidarité et une grande responsabilité de tous les acteurs.

Sur le même sujet

Top