Un trio pour relancer la Vallée de la Seine

A l’invitation du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, Anne Hidalgo et Edouard Philippe, respectivement maires de Paris et du Havre, sont venus le 11 février dans la métropole normande pour parler de la Vallée de Seine. Une initiative destinée à « donner un coup d’accélérateur » à une dynamique qu’ils qualifient d’une même voix « d’utilité nationale ».

En conviant le 11 février 2021 dans son fief Anne Hidalgo et Edouard Philippe, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol a voulu donner corps à cette unité de vue que tous trois revendiquent sur la nécessité de développer l’Axe Seine. Une unité sur les constats comme sur les solutions, au-delà des différences politiques. Car si la Vallée de la Seine est une réalité, « elle a besoin de renouvellement, d’une force politique et d’idées nouvelles », résume l’élu rouennais. Initiées sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les réflexions sur la construction « du Grand Paris jusqu’à la mer » vont aboutir en juin prochain à la fusion des trois ports de l’Axe Seine au sein d’Haropa. Une réalisation « difficilement imaginable il y a encore dix ans », rappelle Edouard Philippe qui cite volontiers la LNPN (ligne nouvelle Paris-Normandie) comme l’autre projet essentiel pour les trois villes.

Anne Hidalgo, Nicolas Mayer-Rossignol et Edouard Philippe. © GD

Plus globalement, les trois maires partagent la conviction « que ce qui se joue dans la Vallée de Seine, c’est la possibilité d’ouvrir Paris sur les échanges maritimes tout en donnant la possibilité à la Normandie de s’engager dans une logistique verte et une croissance plus optimale ». Un objectif important « pour nos villes, pour le territoire et pour le pays », assure l’ancien Premier ministre qui se dit « convaincu que le développement de ce territoire sera un élément de compétitivité pour le pays dans les années qui viennent ».

Objectif : accélérer les projets en cours

Discours identique chez Anne Hidalgo qui insiste : « Le développement de la Vallée de la Seine est un sujet stratégique et d’ampleur nationale », tant sur le plan de l’environnement que sur celui de la culture ou des transports, « et pour aller de l’avant nous devons créer du lien, construire des ponts ». Voilà tout l’enjeu de la démarche engagée par le trio. Au programme des discussions du jour : les mobilités avec l’accent mis sur le développement du fret fluvial et ferroviaire, la préservation des corridors écologiques, la structuration d’une filière des énergies décarbonées (hydrogène, photovoltaïque, etc.), sans oublier la culture et le patrimoine. Autant de sujets sur lesquels « nous pouvons marquer des points », estime Edouard Philippe.

Nicolas Mayer-Rossignol, Anne Hidalgo et Edouard Philippe. © GD

Au final, l’accord est total entre les trois élus sur la méthode : « il y a beaucoup de choses à accélérer ! » Quant à la question de savoir si leurs divergences politiques peuvent être un frein à leurs ambitions collectives : « Nous sommes à peu près sûrs que nous ne sommes pas d’accord sur tout, mais nous pensons qu’en travaillant ensemble nous pouvons faire les choses un peu mieux », a conclu Edouard Philippe.

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