LINportant veut fabriquer des T-shirts bio en Normandie

Actuellement en campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule, la coopérative veut créer une usine près de Caen (Calvados) pour valoriser localement le lin bio.

La France est le premier producteur mondial de lin fibre – avec environ 120 000 des 200 000 ha cultivés dans le monde -, et la Normandie la première région productrice de France, avec environ 80 000 ha cultivés. Mais l’essentiel du lin est transformé en Chine. Engagé dans le secteur de la mode éthique depuis le début du millénaire, Paul Boyer, normand depuis une bonne dizaine d’années, a donc décidé de passer aux actes.

Un champ de lin bio. © Rodolphe Murie

Après deux années d’études de faisabilité, il a créé, fin 2019, la coopérative LINportant. Dans son conseil d’administration siègent des représentants de toute la filière : cultivateurs, teilleurs, industriels, distributeurs, etc. Sa raison d’être ? Construire et opérer un outil industriel, basé à Etrecy (Calvados), au sud de Caen, permettant la fabrication annuelle d’environ 100 000 T-shirts en lin bio.

Campagne participative

« Le bio ne constitue pour l’heure qu’environ 0,5 % des surfaces cultivées en lin en Normandie. L’absence d’un débouché local contribue certainement à freiner les conversions : bio rime en général avec circuits courts », justifie Paul Boyer. Il en est donc persuadé, la construction d’une filière de transformation locale contribuera à accélérer les conversions.

Paul Boyer, fondateur, et Morgane Ermeneux, directrice marketing de LINportant. ©LINportant

Pour l’heure, LINportant a lancé une campagne de financement participatif sur Ulule. Au 24 avril 2020, 3 000 préventes de T-shirts – soit environ 90 000 euros – avaient déjà été enregistrées, la campagne durant jusqu’au 7 mai. « Cela suffit d’ores et déjà pour commencer prudemment à investir et lancer la fabrication », assure le fondateur. Suivra ensuite l’émission de titres participatifs auprès d’acteurs du monde de l’économie sociale et solidaire et d’investisseurs privés.  Sur trois ans, Paul Boyer estime le besoin de financement à environ un million d’euros. La production devrait démarrer à l’automne, l’atelier employant, à terme, une douzaine de personnes.

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