L’industrie, un atout pour la Vallée de la Seine

Après s’être penché sur le secteur de la logistique en 2018, l’Insee publie un panorama de l’industrie à l’échelle de la Vallée de la Seine. Une étude qui confirme l’importance de l’emploi industriel dans les départements normands concernés et qui rappelle, dans le même temps, le rôle pivot de l’ouest francilien dans le poids industriel du territoire.

Piloté par l’Insee Normandie et soutenu par la Délégation interministérielle au développement de la Vallée de la Seine (DIDVS) ainsi que par le réseau consulaire à travers Paris Seine Normandie (PSN), le panorama de l’industrie dans la Vallée de la Seine présenté le 4 novembre 2020 tombe à point nommé, alors que les discussions sur le futur contrat de plan interrégional (CPIER) s’intensifient sous la conduite du préfet François Philizot.

En préambule, le directeur de l’Insee Normandie Philippe Scherrer a souligné le poids des industries en termes d’emploi et de création de richesses sur ce territoire qualifié de « stratégique pour le développement de la Normandie et de l’Ile-de-France ». Au bas mot, quelque 500 000 emplois répartis sur cinq départements franciliens et quatre départements normands qui comptent pour près de 10 % de l’emploi total sur le territoire.

Une industrie moins visible mais toujours présente en Ile-de-France

Un constat « évident pour les Normands qui voient l’industrie dans leur paysage, souligne François Philizot, mais beaucoup moins pour les Franciliens » confrontés depuis plus de 40 ans à la disparition progressive des usines dans Paris et sa proche banlieue. « Culturellement, l’Ile-de-France considère que l’industrie n’est plus chez elle ! L’intérêt de cette étude est de montrer que ce n’est pas le cas. »

« Culturellement, l’Ile-de-France considère que l’industrie n’est plus chez elle », estime François Philizot. © Jgp

A l’heure où s’engagent les discussions finales sur le contenu du futur CPIER pour la période 2021-2027,  l’éclairage statistique est donc essentiel « pour montrer ce qu’est la présence de l’industrie sur le territoire, au-delà des intuitions, avec des chiffres qui montrent la réalité du tissu industriel ».

Le défi de la réindustrialisation en toile de fond

Car le véritable enjeu, en arrière-plan, est bien celui « du défi de la réindustrialisation », devenu plus prégnant encore à l’occasion de la crise sanitaire. Depuis 1990, l’emploi industriel a diminué de près de 46 % dans la Vallée de la Seine, note l’Insee, essentiellement en Ile-de-France. Une tendance qui s’accentue avec 100 000 emplois perdus sur les dix dernières années, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’industrie du papier et de l’imprimerie, tandis que l’agroalimentaire et l’énergie résistent.

Si la prise de conscience des élus franciliens semble bien réelle, confirme François Philizot, « la préservation de l’acceptation sociale de l’activité industrielle » reste un combat essentiel. A fortiori lorsque la transition environnementale de l’industrie que beaucoup appellent de leurs vœux et la nécessaire relance d’une économie plombée par la crise sanitaire s’entrechoquent. « Si on croit en l’économie circulaire, il faut croire en l’industrie de notre territoire », résume le délégué interministériel.

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