Les ambitions rouennaises de Fauchon

D’ici à quelques semaines, les élèves de la première promotion de l’Ecole Fauchon auront un choix à faire : poursuivre leur cursus ou bien entamer leur parcours professionnel avec en poche une carte de visite unique, celle d’une marque historique de la gastronomie française qui a fait de Rouen son « vaisseau amiral » en termes de formation.

La première promotion de l’Ecole Fauchon de Rouen arrive au terme de ses trois premières années de formation. Une étape symbolique qui sera franchie en juin pour l’école qui se prépare à accueillir dès 2026 ses futurs apprenants dans des locaux en cours de réhabilitation. Actuellement installée dans des locaux provisoires attenants à l’INPB (Institut national de la boulangerie-pâtisserie) en bordure du quartier Saint-Sever à Rouen, l’Ecole Fauchon intégrera alors un bâtiment rénové de 6 500 m² équipé à chaque étage de laboratoires pédagogiques adaptés à l’ensemble des familles de métiers de la gastronomie.

L’Ecole Fauchon intégrera à la rentrée 2026 ses nouveaux locaux rouennais. © Ecole Fauchon

En attenant d’officier depuis ce futur « vaisseau amiral », le directeur de l’école Dimitri Amouroux et ses équipes ont développé « un modèle réduit de notre centre de formation » qui a accueilli en septembre 2022 un bachelor en management de la gastronomie, codéveloppé avec Neoma business school, un autre fleuron rouennais de l’enseignement supérieur. « Avec l’idée, explique le dirigeant, de former des jeunes en post-bac sur un parcours de trois ans pour des postes de middle management ». Si la moitié d’entre eux se prépare à explorer le marché du travail, l’autre moitié va poursuivre sa formation en intégrant un master « destiné à approfondir leurs connaissances en management dans l’hôtellerie-restauration pour prétendre cette fois-ci à des post de top-management », explique Dimitri Amouroux.

Entre 450 et 500 apprenants attendus entre 2026 et 2030

Si l’école accueille actuellement une cinquantaine d’apprenants répartis sur les trois premières années du cursus, Fauchon affiche pour l’avenir des ambitions bien plus fortes en matière de recrutement. « La montée en charge est d’ores et déjà planifiée entre 2026 et 2030 pour accueillir entre 450 et 500 apprenants », y compris des adultes en reconversion professionnelle sur des modules d’une année. « C’est une réponse à une tendance que nous observons depuis quelques années déjà avec des adultes qui se posent la question du sens de leur travail au quotidien, souligne le directeur de l’école, et nous avons la chance d’avoir des métiers qui mettent en avant l’intelligence de la main ainsi qu’une forme d’esthétique attirante ! » Au-delà, l’Ecole Fauchon couvrira « l’ensemble des métiers de la gastronomie » avec une attention toute particulière aux métiers du service et de l’accueil, « car c’est ce qui fait la différence », assure le dirigeant.

La première promotion de l’Ecole Fauchon sera diplômée en juin 2025. © Ecole Fauchon

En parallèle, ajoute Dimitri Amouroux, l’école souhaite se rapprocher du monde professionnel  : « Mettre les apprenants en situation concrète, il n’y a rien de tel ». Elle entend ainsi ouvrir au public un restaurant d’application, voire « un bistrot d’application » ou même un concept store avec une offre type fast-food ou encore un bar à cocktail ouvert en soirée, suggère Dimitri Amouroux, qui explique que l’école entend ainsi couvrir tous les champs de la gastronomie. « Nous incarnons une très belle maison de la gastronomie française, mais il est aussi important de montrer à nos apprenants qu’il est possible de faire de la qualité sur de la street-food ». Quant à son ancrage normand, l’Ecole Fauchon le doit, explique son directeur, à la volonté du groupe Galapagos (propriétaire de la marque Fauchon) de travailler des produits locaux, de qualité et en Normandie. « Il n’y a qu’à tendre la main pour les cueillir ! », conclut-il.

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