Benoît Hamon à Rouen pour vanter les mérites de l’ESS

L’ancien ministre délégué à l’économie sociale et solidaire (ESS) et à la consommation, devenu ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, puis candidat (PS) à l’élection présidentielle de 2017, était à Rouen jeudi 22 mai afin de vanter les mérites d’acteurs de l’ESS appelés à « transformer l’économie ».

L’ancien ministre Benoît Hamon était l’invité de la métropole Rouen Normandie et de la ville de Rouen jeudi 22 mai pour une conférence intitulée : « Comment l’ESS peut transformer l’économie ». Celui qui préside depuis un an maintenant ESS France, l’association représentative des acteurs de l’ESS, a porté il y a 10 ans une loi qui a remis l’économie sociale et solidaire sur le devant de la scène. Il est venu rappeler à Rouen les mérites d’un secteur qui, a-t-il estimé, manque de considération de la part de la puissance publique au regard des atouts qui sont les siens pour répondre aux défis économiques et sociaux du moment. En introduction de sa prise de parole, Abdelkrim Marchani, vice-président de la métropole en charge notamment de l’économie et de l’attractivité, a appelé à « donner plus de place à l’économie sociale et solidaire » dans l’économie. Le secteur est composé d’acteurs qui « ont des services et des produits qui doivent être connus », a-t-il insisté, rappelant que c’était tout l’enjeu du travail que mène la métropole afin de convaincre les directions des achats de manière générale, publiques comme privées, de privilégier le réflexe ESS. Car, explique-t-il, « plus on augmentera la part de marché de l’ESS, plus on contribuera au développement de la sociale écologie » prônée par la majorité intercommunale.

Benoît Hamon, président d’ESS France. © JAS

Les entreprises appelées à mieux penser l’impact de leurs activités sur l’environnement

Face à un contexte dominé par « l’incertitude », le président d’ESS France a tenté de démontrer que l’ESS pouvait opposer un modèle « particulièrement adapté » pour répondre aux défis qui se dressent devant nous. Le premier d’entre eux, « c’est le dérèglement climatique » qui va nous obliger à « adapter nos modes de vie, nos villes, repenser l’urbanisme », a expliqué l’ancien ministre. « Si nous voulons éviter le pire, les entreprises vont devoir intégrer davantage l’intérêt général, la démocratie… » et d’une manière générale « mieux penser l’impact de leurs activités sur l’environnement ». Un domaine dans lequel le modèle même de l’ESS « sera crucial dans le siècle qui vient ». Le second défi, c’est celui de la transition démographique, a estimé Benoît Hamon, évoquant les mouvements de populations qui vont s’intensifier et qui vont pousser « nos entreprises, nos territoires, nos nations à être plus inclusives ». Une autre spécificité de l’ESS dans son ensemble, génératrice « d’innovation sociale ».

Vient ensuite la révolution digitale en marche, celle des savoirs, de la connaissance et du travail qui pose « la déshumanisation de nos sociétés », ou quand l’interface numérique remplace l’intermédiation humaine. Là encore, les entreprises de l’économie sociale et solidaire ont une longueur d’avance, a expliqué Benoît Hamon, « car elles sont là où les autres ne sont pas ! » Enfin, a prédit le président d’ESS France, « nous allons connaitre la fin de l’hégémonie occidentale sur les affaires du monde ». Une situation qui pourrait, espère-t-il, redonner ses lettres de noblesse à la coopération, ce qu’il qualifie de « vraie rupture révolutionnaire » de l’ESS. Reste que pour tenir ses promesses, ce secteur doit aujourd’hui évoluer dans un contexte de diminution de la dépense publique qui touche notamment le champ associatif pourtant appelé à remplir de nombreuses missions de service public. Un argument supplémentaire qui lui fait dire que le secteur de l’économie sociale et solidaire « est indispensable ».

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