Fusion des ports de l’Axe seine : les privés attendent des réponses

A l’heure où la préfiguratrice Catherine Rivoallon-Pustoc’h s’apprête à recevoir les présidents des conseils de développement des ports de Rouen et du Havre, des incertitudes et même parfois des doutes s’expriment au sein des unions portuaires de l’Axe Seine, alors que le calendrier prévoit toujours une intégration des ports de Paris, Rouen et Le Havre au 1er janvier 2021.

Dans la foulée de son assemblée générale du 18 juin 2020, l’Union portuaire rouennaise (UPR) a voulu faire une piqûre de rappel : si elle ne se départie pas de son « approche constructive dans le cadre de la réflexion structurante de l’Axe Seine », l’association qui regroupe les acteurs privés du port de Rouen veut faire entendre sa voix pour peser davantage sur les choix qui vont être faits dans les mois qui viennent.

Thomas Courtier, directeur de l’UPR. © UPR

Et pour l’heure, les portuaires rouennais sont dans l’expectative : « Nous avons fait un vrai travail de fonds et livré trente propositions sur des objectifs précis afin de rendre l’Axe Seine plus compétitif. Nous espérions un retour d’information mais à ce jour nous n’avons pas de réponse particulière », déplore le directeur de l’UPR Thomas Courtier. Le dirigeant qui fait état « d’une frustration et d’une crainte de voir se déployer une nouvelle organisation sans réelle concertation ! »

« Il est essentiel que chaque environnement portuaire conserve son identité »

Car parmi les trois ports de l’Axe Seine, se sont peut-être les Rouennais qui ont le plus à perdre, coincés entre leur puissant voisin de l’estuaire et le port de la Capitale. Les portuaires locaux craignent que ce qui fait la spécificité de la place rouennaise soit dilué dans le futur ensemble.

Plusieurs sujets font débat, du choix du futur siège – point sur lequel les rouennais font valoir qu’ils sont le seul port à la fois maritime et fluvial… et qu’accessoirement ils accueillent le siège actuel d’Haropa – à la dose d’autonomie qui sera réservée aux établissements locaux. « Il est essentiel que chaque environnement portuaire conserve son identité, insiste Thomas Courtier, tant sur le plan social que commercial. »

Rencontre à venir avec la préfiguratrice

Vu du Havre, les positions sont plus nuancées même si les interrogations restent vives. Le président de l’Umep (Union maritime et portuaire) Michel Segain reconnaît la nécessité d’avoir « des éclaircissements ». Une rencontre est d’ailleurs prévue prochainement avec la préfiguratrice Catherine Rivoallon Pustoc’h. Réunion à laquelle il participera en sa qualité de président du conseil de surveillance du port du Havre, ainsi que son homologue Rouennais Nils Bénéton. « Les inquiétudes doivent être levées ! Ils restent quelques mois de travail mais je reste optimiste, il n’est pas insurmontable de lever les obstacles ».

Michel Segain

Michel Segain. © DR

Président de la communauté portuaire de Paris, actuellement à la tête de Seine port union, l’alliance des trois unions portuaires de l’Axe Seine, Olivier Jamey constate pour sa part qu’à l’approche du terme, la dynamique d’intégration s’essouffle : « Aujourd’hui, nous sommes en attente de gestes concrets. »

Un calendrier difficile à tenir

En résumé, le dialogue est bon mais les échanges sont moins nombreux, regrette le patron de Seine port union. Ce qui laisse peu d’espoir, selon lui, de tenir le calendrier initialement prévu : « J’ai du mal à imaginer que sur un trimestre on concrétise le projet au vu de là où nous en sommes aujourd’hui. Nous avons besoin d’être rassurés, le projet doit se construire avec les entreprises privées et si ce n’est pas le cas, ce sera beaucoup plus compliqué de faire de cette fusion un outil de compétitivité. »

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