F. Robinet-Guentcheff (LSN) : « Utiliser le ferroviaire et le fluvial doit devenir une habitude »

Le 28 mai 2024 se tiendra la journée Multimodalité axe Seine au Kindarena à Rouen sur le thème « Accélérons la décarbonation ». Florence Robinet-Guentcheff, directrice générale de Logistique Seine Normandie, qui organise l’événement avec différents partenaires, présente la démarche et fait le point sur leviers et freins du report vers le fleuve et le fer.

Quel est l’objectif de cette deuxième édition de Multimodalité axe Seine ?

Nous organisons une deuxième édition car la première [en 2022, ndlr] a été un succès et nous voulions poursuivre la démarche en essayant de mobiliser davantage d’industriels et de chargeurs pour les encourager à aller vers des modes complémentaires à la route. L’objectif est d’impulser des réorganisations, d’inciter les industriels ou leurs commissionnaires à changer les plans de transport. Cet événement vise à être concret et éclairant, avec des ateliers pour montrer les bonnes pratiques, des rencontres BtoB et des pitchs de solutions innovantes. Il s’agit d’être assez direct sur les difficultés à ce sujet, car ce n’est pas simple de changer de transport, mais il y a un intérêt et un besoin d’aller vers la décarbonation.

Florence Robinet-Guentcheff. © LSN

Constatez-vous une volonté d’avancer dans cette direction ?

Les entreprises sont de plus en plus amenées à valoriser leur bilan carbone. Il s’agit notamment de montrer que l’on contribue aux objectifs de décarbonation. Les industriels mettent désormais des éléments à ce sujet dans leurs appels d’offres. Les politiques publiques incitent également à aller dans cette direction. Aujourd’hui, les constructeurs de véhicules, notamment pour les motorisations, proposent des solutions moins polluantes, avec des camions plus verts. Les acteurs et les stratégies convergent. Chaque entreprise franchit toutefois le pas de manière différente. Ce n’est par exemple pas simple pour les transporteurs de savoir vers quelle énergie se tourner.

Quels sont les freins au changement ?

Il est principalement financier car la route reste peu chère, même si les autres modes peuvent aussi être économiquement intéressants. Il n’est pas facile de modifier les habitudes, certains commissionnaires par exemple ne changent pas par manque d’informations. On sent toutefois que les choses évoluent, avec le contexte national et la volonté des industriels qui recherchent des solutions décarbonées. Car pour aller vers la décarbonation, il n’y a pas d’autre choix que de trouver des solutions complémentaires à la route, qui restera nécessaire pour certains trajets.

Il faut expliquer, dire quels sont les acteurs vers qui ils peuvent se tourner pour obtenir des réponses consolidées et montrer les avantages que cela peut présenter. Il y a un travail d’acculturation assez prégnant, d’explication et de mise en relation. Utiliser le ferroviaire et le fluvial doit devenir une habitude.

Ceci explique l’organisation de rencontres BtoB le 28 mai prochain ?

Ces rencontres sont la base de la construction de l’événement. Ce sont des formats qui fonctionnent bien. Les rendez-vous d’affaires restent centraux dans cette journée, avec plus de créneaux que lors de la précédente édition. Le programme de l’événement laisse la possibilité d’aller piocher des informations, d’organiser la journée comme on le souhaite, avec aussi des moments informels d’échange au déjeuner et lors de pauses.

La massification pourrait permettre de réduire les coûts ?

Il faut en effet généralement plusieurs clients et des niveaux de marchandises suffisants pour justifier de l’attrait économique. C’est le travail des commissionnaires. Les échanges entre industriels peuvent aussi permettre de mutualiser les flux. Plus on sera nombreux à insuffler ce mouvement, plus on sera collectivement gagnant. Il y a d’autres avantages à changer de mode, en utilisant par exemple le stock flottant sur une barge qui peut venir suppléer des frais de stockage.

Les institutions concernées (Haropa port, SNCF réseau, VNF), qui seront présentes également, se sont organisées pour faciliter l’accès aux modes ferré et fluvial ?

Il faut saluer les démarches qui se mettent en place car il est important que les acteurs sollicités par les entreprises puissent apporter des éléments globaux en première approche, sans renvoyer vers d’autres acteurs. Le premier pas est décisif, la réponse ne doit donc pas décourager. VNF peut répondre sur le ferroviaire par exemple. Cela prend du temps mais il faut être de moins en moins en silo sur ces sujets.

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