Chapelle Darblay : la métropole de Rouen en appelle au ministre de l’Industrie

Le président de la Métropole Rouen Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol, associé à la députée de la 1ere circonscription de la Seine-Maritime, Florence Hérouin-Léautey, tente d’obtenir du nouveau ministre de l’Industrie Sébastien Martin un engagement définitif de l’Etat sur le dossier de reprise de la papeterie Chapelle Darblay.

Les gouvernements et les ministres se succèdent et l’urgence de finaliser le dossier de reprise de la papeterie Chapelle Darblay de Grand-Couronne n’en est que plus forte. C’est en substance ce que le président de la métropole de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et la députée de la première circonscription de la Seine-Maritime, Florence Hérouin-Léautey. Dans un courrier adressé le 14 novembre dernier au ministre de l’Industrie Sébastien Martin, les élus normands ont d’abord voulu redire à quel point « le temps presse ». Depuis les dernières avancées enregistrées au début de l’été, lorsque le ministre de l’Industrie alors en fonction, Marc Ferracci, avait donné « les assurances et soutiens nécessaires » quant à l’apport de 52 millions d’euros de la part de l’État, le dossier semble de nouveau figé. Cette situation, expliquent-ils, fragilise le dossier de reprise porté par le groupe canadien Fibre excellence avec, désormais, un risque avéré que celui-ci ne jette l’éponge, au même titre que les parties associées telles que le groupe Veolia, voire d’éventuels investisseurs en attente d’une confirmation du soutien de l’État.

Usine Chapelle Darblay. © JAS

Depuis la décision actée en mai 2022 par la métropole de faire jouer son droit de préemption à l’occasion de la mise en vente par l’ancien propriétaire, le groupe finlandais UPM, les soubresauts ont été nombreux, autant que les alertes auprès des Premiers ministres et des ministres en charge de l’Industrie qui se sont succédé. Au rayon des bonnes nouvelles, Nicolas Mayer-Rossignol et Florence Hérouin-Léautey soulignent l’obtention par Fibre excellence des autorisations d’exploitation du site en fonction des volumes indiqués par l’industriel, les accords finalisés avec Veolia pour les approvisionnements en matière première, ainsi que les subventions obtenues dans le cadre de deux appels à projets : Decarb Ind et Ademe énergies CSR.

La SEM Aser au capital de Grand Couronne énergie

Du côté de la Métropole Rouen Normandie, une délibération adoptée lors du conseil métropolitain du 12 novembre 2025 a entériné l’intervention dans ce dossier de la SEM Axe Seine énergies renouvelables – société d’économie mixte dont la métropole est actionnaire au même titre que les membres fondateurs de l’Entente Axe Seine – à travers son entrée au capital de la société de projet « Grand Couronne énergie » au sein de laquelle doivent être logés les actifs énergie du site et notamment sa chaudière biomasse. Détenue par Fibre excellence via la Société Nouvelle Darblay production (SNDP), « Grand Couronne énergie » a vocation à accueillir d’autres investisseurs dont un fonds spécialisé dans les énergies « en cours de sélection », est-il précisé dans la délibération.

L’enjeu essentiel de cette opération consiste à reconvertir l’actuelle chaudière biomasse en chaudière CSR (combustibles solides de récupération) avec un investissement de 133 millions d’euros à la clé qui sera en partie financé par les revenus issus de l’exploitation de la chaudière ainsi que, à termes, par son raccordement envisagé au réseau de chaleur des communes de Petit-Couronne et Grand-Couronne. La SEM Aser prévoit à ce stade d’investir 1 million d’euros en fonds propres et en compte courant d’associés dans la société de projet « Grand Couronne énergie ».

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