Interpellé le 22 mai dernier par le président de la métropole de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, le ministre de l’Industrie et de l’Energie, Marc Ferracci, a confirmé le 7 juin l’engagement de l’Etat dans le dossier Chapelle Darblay.
Après plusieurs mois d’intenses tractations, le ministre de l’Industrie et de l’Energie, Marc Ferracci, a confirmé le 7 juin 2025 que l’Etat était prêt à soutenir financièrement le projet de reprise de la papeterie Chapelle Darblay de Grand-Couronne (Seine-Maritime) près de Rouen. Un soutien de l’ordre de 52 millions d’euros conditionné à la réalisation par le repreneur du site, Fibre excellence, d’un tour de table qui doit permettre in fine de lever les 245 millions d’euros nécessaire au redémarrage de l’outil industriel.

Vue du site Chapelle Darblay sur la zone portuaire de Grand-Couronne. © Veolia
« C’est la mobilisation et le travail qui ont payé »
Pour les élus locaux et les représentants syndicaux et du personnel engagés dans la sauvegarde du site, cette nouvelle étape est en elle-même une victoire : « C’est la mobilisation et le travail qui ont payé », souligne le président de la métropole Rouen Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol. « Cela fait des années que nous sommes engagés avec les représentants des salariés », rappelle l’élu qui revendique volontiers des prises de décisions « inédites », telle que la préemption du site en 2022, étape nécessaire à la reprise du site par un consortium composé alors de Veolia et du groupe canadien Fibre excellence. A travers les annonces de Marc Ferracci, c’est bien un dernier verrou qui saute car « l’Etat ne s’était pas encore engagé », rappelle le maire de Rouen. Sur les quelque 200 millions d’euros nécessaires pour mener à bien le projet de relance de cet outil industriel, la participation publique reste minoritaire, mais pour autant « décisive pour débloquer la situation ».

L’ensemble des parties prenantes au rachat du site de Chapelle Darblay le 10 mai 2022. © JAS
« Ce n’est pas la fin de l’histoire »
Pour autant, le président de la métropole prévient : « Ce n’est pas la fin de l’histoire ». « Cela fait des mois que nous campons devant Bercy, mais on sait que le gouvernement traite en parallèle de nombreux sujets du même ordre tels que Exxon ou encore Arcelor ». Certes, reconnaît l’élu, la séquence d’incertitude gouvernementale inaugurée par la dissolution au début de l’été 2024 de l’Assemblée nationale « n’a pas aidé, mais avec Sophie Binet [la secrétaire générale de la CGT], nous n’avons rien lâché ». En commençant en décembre dernier par un premier courrier adressé à François Bayrou, alors fraîchement nommé au poste de Premier ministre, puis plus récemment par une seconde adresse au ministre de l’Industrie.
Au final, résume Nicolas Mayer-Rossignol, « on a pris nos responsabilités quand certains nous prenaient pour des fous », évoque-t-il en référence à l’épisode de la préemption du site par l’intercommunalité pour en faciliter ensuite la revente à un pool industriel. « Mais nous avons bien fait », se félicite-t-il.