Anne Hidalgo et Edouard Philippe dressent leurs priorités pour l’Axe Seine

Une semaine après être intervenus sur le sujet du développement de l’Axe Seine lors du LH Forum au Havre, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Edouard Philippe, maire du Havre, se sont retrouvés le 29 septembre 2020 au Sommet du Grand Paris, organisé par La Tribune, pour prolonger leurs échanges et rappeler leurs attentes.

Alors qu’une réforme institutionnelle se profile pour le Grand Paris, l’élue parisienne a plaidé pour un modèle peu évoqué jusqu’ici : « S’il y a une réforme territoriale à faire dans ce pays, ce serait de créer une région capitale jusqu’à la mer. » Avant d’ajouter que cette organisation administrative « permettrait vraiment de [se] projeter dans cette idée qu’un jour ce grand territoire puisse être mieux géré, coordonné ».

Anne Hidalgo et Edouard Philippe interrogés par Philippe Mabille, directeur de la rédaction de La Tribune. © DR

Pour son homologue havrais, « il faut voir grand ». La fusion des ports de Paris, de Rouen et du Havre, déjà très « compliquée » – alors qu’il s’agit de trois établissements d’Etat – ne constitue qu’une première étape. « Une fois que l’on a fait ça, on n’a pas encore fait grand chose. Si on s’arrête là, on rate le coup d’après », a-t-il estimé. Il faut, selon lui, implanter des bases logistiques et industrielles le long de la Seine coordonnées avec le portuaire et « imaginer des éléments de fiscalité qui puissent donner un avantage compétitif à un espace en compétition avec Rotterdam, Anvers et des voisins étrangers ». Plus généralement, il a souligné l’importance « d’avoir une masse critique d’élus et de responsables économiques qui sont acquis à la cause ».

« Importance de capter les flux maritimes »

L’urgence reste toutefois, d’après Edouard Philippe, de développer le fret ferroviaire, secteur aujourd’hui « assez largement désastreux ». Et de rappeler que trois millions de conteneurs passent au Havre chaque année et que 85 % sont acheminés par camion. Un enjeu de compétitivité pour l’ancien Premier ministre, tout comme l’importance de capter les flux maritimes pour mettre en place une véritable politique industrielle. « Ce n’est pas un enjeu local mais un enjeu national », a-t-il souligné.

« Il faut vraiment que Paris soit beaucoup plus rapprochée, raccrochée à la mer pour avoir un débouché maritime et ainsi avoir la qualification de grande métropole mondiale », a affirmé Anne Hidalgo. Etre près de la mer serait aussi « un beau symbole » pour le futur siège d’Haropa, a-t-elle glissé.

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