LH Port days, un forum pour susciter des vocations 

Entreprises de logistique et de manutention, armateurs, organismes de formation et d’orientation. Une soixantaine d’acteurs du monde maritime et portuaire sont présents jusqu’au 24 février 2024 à la deuxième édition de LH Port days, au Carré des docks du Havre. Trois jours de rencontres et tables-rondes organisées par l’Union maritime et portuaire du Havre (Umep) avec un objectif : rendre visibles les métiers, les formations et les innovations du secteur pour répondre au défi du recrutement. 

Ici, cette entreprise de manutention affiche devant son stand : « Terminaux de Normandie recrute ! Métiers de la maintenance, Exploitation de terminal, Fonctions support ».  En face, Seafrigo accueille les premiers visiteurs, ce jeudi 22 février. Le spécialiste mondial de la logistique alimentaire sous température dirigée a des offres d’emploi toutes prêtes : maintenance de cavaliers et portiques, coordination logistique, gestion sinistres et assurances, commercial, etc. Un peu plus loin, Julie, chargée du recrutement chez Sogestran, a déjà reçu sur le stand, dès la matinée, une dizaine de CV. De quoi réjouir le groupe qui cherche matelots, conducteur d’unité fluviale, électromécanicien, surintendant, coordinateur d’exploitation, responsable bureau d’études naval, etc.

« Les jeunes gardent l’image d’une logistique qui n’existe plus »

Tous offrent des emplois mais partagent la même difficulté, trouver le bon candidat, et le même constat : leurs métiers sont méconnus. « Nous recrutons en permanence, assure Jean-Pierre Rous, directeur des ressources humaines chez Sogestran, mais nous nous heurtons au manque de visibilité de nos filières et des opportunités de carrière. Les jeunes ont ainsi une image désuète du transport fluvial, qui demande aujourd’hui de nouvelles compétences face à l’évolution des technologies et des réglementations ». Idem chez Seafrigo. Karine Leroux le regrette : « Les jeunes gardent l’image d’une logistique qui n’existe plus et d’un travail de forçat qui mettrait en péril la vie de famille, ou au contraire d’une filière très élitiste ». Et la DRH reconnaît avoir dû « clôturer des postes faute de candidats ».

Les LH Port Days avait accueilli 4 000 visiteurs en 2023. ©JAS

Ce constat s’explique, pour Patrick Le Cerf, de l’Union maritime et portuaire (Umep) du Havre à l’initiative de l’événement : « L’activité portuaire était autrefois visible et accessible. Depuis, le port s’est éloigné géographiquement de la ville et s’est fermé, pour des raisons de sécurité. Il s’agit aussi de remplacer les anciens vecteurs naturels d’intégration tels que la famille, où il y avait toujours autrefois quelqu’un qui travaillait sur le port, par l’information et la communication ».

Et si le contexte économique est plus morose qu’en 2023, avec une activité portuaire actuellement en berne, des métiers restent en tension, comme celui de déclarant en douane ou de technicien de maintenance des engins de manutention, en cyber sécurité et en systèmes informatiques. « Nous travaillons sur du temps long », insiste Patrick Le Cerf. En perspectives, les investissements portuaires et industriels annoncés, tant sur le port par MSC avec Terminaux de Normandie, qui devrait recruter 120 opérateurs de maintenance d’ici à 2027, que sur l’axe Seine, avec des entreprises liées à la transition énergétique.

Une quarantaine d’organismes de formation sur le pont

Au Havre, « nous avons la chance d’avoir un réseau d’organismes et d’écoles proposant une palette de formations extrêmement riche et diversifiée, avec une quarantaine de cursus différents, pour tous niveaux », note Patrick Le Cerf. Et l’autre objectif de LH Port days est de « décloisonner les mondes de la formation et de l’entreprise ». Une quarantaine d’organismes de formation et d’orientation ont répondu présent au forum, avec lesquels « se renforcent les liens », se réjouit l’Umep. Ainsi Seafrigo, partenaire depuis 2022 de deux centres de formation, accueille des jeunes en alternance dans sa propre école créée en interne, « Logistique en Seine ».

Venue de Paris, la nouvelle présidente du cluster maritime français, Nathalie Mercier-Perrin insiste : « Il est temps de prendre conscience que nous sommes des merriens, travaillant pour développer toute la chaîne de l’économie maritime qui contribue à la souveraineté alimentaire, énergétique et technologique de la France ».

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