Réindustrialisation : statu quo en Normandie

Le baromètre industriel de l’Etat publié en mars passe en revue les ouvertures d’usines comme les « extensions significatives » de sites industriels afin de dresser un panorama circonstancié de la réindustrialisation dans les territoires. Entre ouvertures et fermetures, la Normandie affiche en 2024 un solde net relativement stable.

Le baromètre industriel publié par l’Etat en mars vise à mesurer l’évolution de la réindustrialisation en France. Sous la houlette de la DGE, la délégation générale des entreprises du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, les services de l’Etat en région dressent un panorama national qui se décline dans les territoires. Après une forte progression en 2022 et 2023 avec respectivement 176 et 189 ouvertures nettes de sites, 2024 est marquée par une « hausse modérée » des ouvertures comme des extensions de sites, soit 89 sur l’ensemble du territoire hexagonal. Une décélération qui s’inscrit néanmoins dans une « dynamique positive », estiment les services de l’Etat qui relèvent « de fortes disparités sectorielles et territoriales » à la maille des régions, mais aussi des départements considérés.

Olivier Schulla, directeur d’atelier, et Charles Alland, pdg d’Alland & Robert. © JAS

En Normandie, le solde net reste stable avec deux ouvertures « nettes » d’usines. Dans le détail, 19 ouvertures ou extensions significatives ont été recensées l’an dernier alors que dans le même temps 17 usines ont été fermées ou ont dû réduire significativement leur appareil de production. Le focus régional normand pointe notamment trois projets d’investissements notables : le premier concerne le groupe Depestele à Saussay-la-Campagne (Eure) qui a inauguré en 2024 une nouvelle usine de teillage de lin avec un investissement de 14 millions d’euros et la création d’une cinquantaine d’emplois à la clé. Cette installation complète le dispositif industriel du groupe déjà présent en Seine-Maritime ainsi que dans le Calvados. Le deuxième est l’investissement de 14 millions d’euros de Alland & Robert sur le territoire de l’Agglomération Seine-Eure où le spécialiste de la gomme d’acacia a créé une nouvelle unité de production qui doit lui permettre à terme d’augmenter de 50 % sa capacité de production annuelle qui passerait ainsi de 20 000 t à 30 000 t. Enfin, à Caen, Murata a investi 60 millions d’euros afin de doubler ses capacités de production de composants passifs intégrés. Le groupe japonais, qui annonce une centaine d’embauches d’ici fin 2025, s’adresse, à travers le développement de technologies de pointe, aux marchés de la téléphonie mobile et des mobilités électriques.

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