Un nouveau quai lourd à Cherbourg pour accompagner le développement des EMR

Ports de Normandie engage le 5 juin la concertation publique autour de son projet de nouveau quai lourd FLO destiné à accompagner la montée en puissance des énergies marines renouvelables dans le port normand.

Les énergies marines renouvelables (EMR) ont le vent en poupe et le port de Cherbourg veut mettre toutes les chances de son côté pour consolider ses atouts dans ce domaine. Pour ce faire, l’autorité portuaire Ports de Normandie envisage la construction d’un nouveau quai lourd de 140 m de long capable de supporter jusqu’à 20 t/m². Un projet dénommé FLO, pour « Flamands zéro » en référence au quai des Flamands existant, et qui fait l’objet d’une concertation publique entre le 5 juin et le 11 juillet. Le maitre d’ouvrage, qui a entamé les études environnementales et qui prévoit de conclure l’étude d’impact en fin d’année, anticipe une enquête publique qui pourrait démarrer début 2026 avec l’objectif d’obtenir les autorisations administratives nécessaires pour la fin de l’année prochaine.

Vue du port de Cherbourg. © Biplan / L. Pouyad

« Le port de Cherbourg a travaillé sur les quatre premiers parcs éoliens en mer en Manche », rappelle Philippe Deiss, le directeur de Ports de Normandie (PDN), entité qui regroupe les ports de Dieppe, Caen – Ouistreham et Cherbourg. Soit les parcs de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), Courseulles-sur-Mer (Calvados), Fécamp et Dieppe – Le Tréport (Seine-Maritime). « Nous avons donc une certaine expérience et, objectivement, de superbes installations avec des quais dimensionnés et de l’espace disponible pour les industriels ». Pour autant, enchaine le directeur de PDN, « nous sommes arrivés à un goulet d’étranglement avec nos 220 m de quais lourds qui pourraient être rapidement contraints si nous avions deux champs à traiter simultanément, ou bien un champ éolien et un champ hydrolien, ou encore en cas d’activité import et export en parallèle ». Philippe Deiss ajoute que cette situation a même déjà conduit l’autorité portuaire « à refuser quelques opérations, car les quais étaient occupés par des navires d’installation ».

Anticiper les futurs parcs de plus d’1 GW ou encore l’éolien flottant

Le projet FLO consiste donc à ajouter un nouveau quai lourd aux installations existantes qui permettra ainsi de traiter plusieurs opérations simultanément. L’enjeu, complète Philippe Deiss, est aussi de se préparer au développement des futurs parcs éoliens en mer de plus d’un gigawatt, soit le double de ceux actuellement installés ou en phase de l’être, et qui nécessiteront davantage de surface pour les industriels qui travailleront à leur installation depuis le port de la Rade. En résumé, « aujourd’hui, nous n’avons pas assez de linéaire de quai ». Au-delà, c’est aussi le marché des parcs flottants qui se profile au large des côtes bretonnes ainsi qu’autour des Iles britanniques. Un marché sur lequel le port de Cherbourg compte bien se positionner, même si aucun projet « normand » n’est à l’ordre du jour.

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