Le CFANI, CFA de la navigation intérieure, vient de publier un appel à manifestation d’intérêt tourné vers les territoires qui seraient susceptibles d’accueillir à horizon 2029 l’établissement aujourd’hui à l’étroit sur son site de Tremblay-sur-Mauldre dans les Yvelines.
Centre de formation « historique » des métiers embarqués de la navigation fluviale, le CFANI souhaite relocaliser des installations « au sein du bassin Seine-Escaut », au plus près de la voie navigable. L’établissement lance à ce titre un appel à manifestations d’intérêt (AMI) qui s’adresse en priorités aux collectivités et territoires susceptibles de l’accueillir à horizon 2029. Le CFA forme chaque année quelque 90 apprentis répartis sur les trois années de formation au Bac Pro « transport fluvial » ainsi qu’à plusieurs certifications de rigueur telles que le certificat restreint de radiotéléphonie (CRR) ; le certificat de qualification d’expert en navigation avec passagers ; l’attestation d’expert ADN (transport de matières dangereuses) ; ou encore le certificat de sauveteur secouriste au travail. Le projet, précise le dossier d’AMI, s’inscrit dans le cadre du projet stratégique de modernisation de l’établissement qui cherche ainsi à renforcer son attractivité à travers une nouvelle implantation « destinée à faire émerger un pôle de compétence fluviale ». Avec comme préalable une nécessaire proximité avec la voie d’eau pour installer son bateau-école, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Le CFANI prépare près de 90 apprentis chaque année au Bac Pro navigation fluviale. © JAS
Le CFANI cherche à se rapprocher de la voie d’eau
« Le CFANI a été créé en 1972 à l’initiative de la profession et des autorités de tutelle afin d’assurer un cadre de formation pour les jeunes issus des familles de la batellerie artisanale », explique le directeur du CFA, François Manouvrier. Depuis, il s’est appliqué à élargir ses recrutements pour ses formations en alternance sur un site qui est aujourd’hui éloigné d’une trentaine de kilomètres de son bateau-école amarré près de l’écluse de Bougival (Yvelines). Du fait de cette implantation « loin de toute voie d’eau », la relocalisation est devenue une évidence pour un établissement qui entend doubler ses effectifs dans les années à venir. « Notre ambition, précise François Manouvrier, est de nous rapprocher d’une liaison à grand gabarit… entre Douais et Le Havre ! » Ce qui représente, en convient-il, une fourchette assez large.
« L’enjeu pour nous est de conserver cette proximité avec la région parisienne, car cela offre à nos jeunes qui viennent de toute la France plus de facilités en matière de transport. » Un argument qui pèsera dans la balance, assure-t-il, même si le dossier d’AMI précise que les trois territoires des Hauts-de-France, d’Île-de-France et de Normandie seront explorés. Sur le plan logistique, le CFANI prévoit un déménagement en 2029 « qui dépendra des propositions qui nous seront faites », à savoir une installation dans des bâtiments existants ou bien une construction de locaux neufs. Trois scénarios sont sur la table : soit l’intégration à un pôle de formation existant ; soit une implantation autonome ; ou encore la création ex nihilo d’un « campus fluvial » dédié au CFANI, le scénario jugé « le plus ambitieux » avec structure d’hébergement, de restauration ainsi qu’un quai pédagogique pour son bateau-école.