François Philizot – Classique assumé

Avant d’être chargé du développement de la Vallée de la Seine, François Philizot a suivi un parcours classique entre les postes en préfecture et à la Datar. Traditionnel, mais pas seulement.

Enarque « de modèle courant », qui n’a « pas cherché à faire carrière » et estimant avoir suivi « un cheminement très normé », le délégué interministériel au développement de la Vallée de la Seine ne fait pas de vague. Mais ses sorties sur les Frères Jacques en réunion ou son discours de clôture, volontairement peu disruptif, lors de l’annonce des lauréats de « Réinventer la Seine » trahissent un personnage riche de savoirs et assumant avec panache son classicisme. Féru des résultats des élections depuis ses 10 ans, intéressé par l’aménagement depuis ses 14 ans, c’est pour lui comme un aboutissement de devenir adjoint au chef du bureau des élections au ministère de l’Intérieur, et de participer à la définition du scrutin des premières régionales en 1985 ou au redécoupage des circonscriptions en 1986.

François Philizot

François Philizot. © JGP

Ce préfet typique, né en banlieue parisienne mais familialement ancré dans la Nièvre, est aussi passionné de vélo. Il en possède d’ailleurs cinq, dont celui de son grand-père, qui date d’avant la guerre de 14. Pour arpenter les routes franciliennes avec sa grande carrure dégingandée, il préfère le modèle plus récent avec un cadre léger en carbone. Parfait aussi pour la Véloroute de la Seine qu’il aura participé à faire aboutir ces dernières années.

Son expérience l’a toutefois plus confronté à l’industrie qu’au tourisme, notamment comme sous-préfet de Saint-Dié, dans les Vosges, à la fin des années 1980. « J’ai géré des dépôts de bilan et les suppressions d’effectifs. » Puis François Philizot est allé « surveiller le volcan » et se confronter aux enjeux sociaux à La Réunion. Ensuite la Datar l’appelle une première fois, au moment où Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, fait de l’aménagement une priorité. Il y retournera comme directeur, de 2000 à 2005, grande époque des comités interministériels d’aménagement et de développement du territoire (Ciadt). « J’ai eu la chance de pouvoir travailler dans le champ de mes passions de jeunesse », reconnaît-il.

Empilement des parapheurs

Entre les deux, il aura été secrétaire général des préfectures du Finistère et du Nord, poste pour lequel « un des grands défis est d’éviter l’empilement des parapheurs », lâche-t-il de son ton posé, qui masque toute éventuelle ironie. Puis, de 2005 à 2013, il vit au rythme des « appels du mardi soir », veille de Conseil des ministres, synonyme de mutation. Et fait découvrir à sa femme et ses quatre enfants l’Indre, le Tarn, le Morbihan et la Saône-et-Loire, comme préfet de département. Dans le Sud-Ouest, l’ancien troisième ligne aile cultive son goût du rugby en allant assister à des matchs d’Albi ou de Castres.

Un soir de 2013, il reçoit un appel inhabituel : « Matignon veut un préfet pour la Vallée de la Seine : c’est toi. » Retour à Paris à un poste pour lequel tout est à créer. Fort de sa réputation de préfet « plutôt aménageur », il s’attelle à la tâche, avouant sa faible connaissance des acteurs de ce territoire.

En juin 2015, son travail aboutit à la signature du contrat de plan interrégional le plus largement doté de France. Depuis six ans, il découvre les bénéfices de travailler sur le temps long. François Philizot évoque aussi les missions pour lesquelles il est régulièrement sollicité et qui dépassent la Vallée de la Seine. Le temps manque alors pour parler de ses lectures piochées dans la littérature classique, de son goût pour le cinéma américain de 1930 à 1960… ou de sa maison de Corbigny dans la Nièvre, une « jolie campagne loin de tout ». La terre de ses aïeux qu’il rejoindra quand il en aura fini de la préfectorale.

Sur le même sujet

Top