Vinci immobilier avance ses pions dans la reprise du site Vallourec de Déville-lès-Rouen

Le promoteur Vinci immobilier annonce avoir conclu une promesse de vente unique avec le groupe Vallourec pour son site industriel de Déville-lès-Rouen fermé depuis 2021. La filiale du groupe Vinci, qui ne communique pas sur le contenu du projet de reconversion évoque pour l’heure « un pôle d’activité économique attractif ».

L’avenir du site du métallurgiste Vallourec à Déville-lès-Rouen restait incertain depuis sa fermeture en 2021. Entré en négociation exclusive avec Vinci immobilier au printemps dernier, l’industriel a franchi une nouvelle étape en signant le 11 juillet 2025 une promesse de vente unique avec la filiale de promotion immobilière du groupe Vinci ; un préalable à la cession définitive du site qui doit intervenir courant 2026. Après plusieurs années d’atermoiements et de projets industriels avortés, le site emblématique de la vallée du Cailly va donc laisser la place à un projet de revitalisation économique que les élus locaux appellent de leurs vœux depuis l’annonce de la fermeture du site par Vallourec. Un site d’une vingtaine d’hectares qui représente une réserve foncière à destination économique et industrielle précieuse dans un contexte dominé par le principe du zéro artificialisation nette (ZAN).

Vue intérieur du bâtiment du site Vallourec de Déville-Lès-Rouen. © Vinci immobilier

Des élus « vigilants » sur l’avenir industriel du site

C’est ce qu’a tenu à rappeler Abdelkrim Marchani, vice-président de la métropole Rouen Normandie, interrogé à ce sujet : « Il s’agit d’un foncier industriel et nous souhaitons qu’il le reste », explique l’élu qui souligne que « depuis le départ, nous poussons pour qu’un repreneur industriel puisse apporter de la valeur ajoutée à ce site ». A travers la signature de cette promesse de vente, c’est donc « la suite logique de l’appel à projets, mais pas encore une vente certaine », reconnaît, prudent, l’élu rouennais. « Nous restons vigilants, explique-t-il, et même s’il s’agit d’une transaction entre privés, nous avons toujours dit que si nous considérions que le projet n’est pas bénéfique pour les habitants de la métropole, on ne s’interdirait pas de faire valoir notre droit de préemption », met en garde le vice-président de la métropole.

Pour l’heure, Vinci immobilier reste prudent sur la nature même du projet, évoquant la mise à disposition de bâtiments « clés en main pouvant accueillir des entreprises et des industriels » avec en ligne de mire la création de 300 emplois, annonce le groupe qui confirme simplement la réalisation à venir d’études pour définir avec précision le projet. Quoi qu’il en soit, après plusieurs annonces d’implantations probables depuis 2021, le promoteur immobilier a visiblement convaincu tant le vendeur, Vallourec, que les collectivités locales, de la pertinence de son engagement. Un porte-parole de Vinci immobilier confirme d’ailleurs que tout se fera « en concertation avec la ville et la métropole » sur ce site dont 25 % de la surface sera aménagé en espaces verts. Site sur lequel la rivière du Cailly, qui traverse en sous-sol les installations industrielles existantes, est vouée à être remise à ciel ouvert, précise les partenaires dans un communiqué commun. Vinci s’est également engagé à restituer au bénéfice de l’intercommunalité un linéaire de voies ferrées désaffecté qui s’insèrera dans un projet de balade urbaine à l’étude dans la vallée du Cailly.

Un projet d’électrolyseur abandonné

Fermé en 2021 sur fond de restructuration du groupe Vallourec, qui s’était notamment soldée par une suspension de la cotation du groupe, le site de Déville-lès-Rouen avait fait l’objet la même année d’un premier appel à projet, infructueux, à la suite duquel Vallourec avait entrepris en 2023 un important chantier de dépollution du site. Deux projets de reprise semblaient alors tenir la corde : celui du métallurgiste Turc ZN Cimbo Rafineri et celui de l’investisseur normand Samfi-invest – propriétaire du groupe de transport Malherbe – qui projetait d’implanter un électrolyseur afin de produire de l’hydrogène sur le territoire de la métropole rouennaise. Projet qui n’avait pas la faveur des élus locaux, en raison notamment d’un probable classement Seveso d’installations localisées dans une zone fortement urbanisée.

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