Les élus normands réclament le « saut-de-mouton » de Saint-Lazare

Une quinzaine de collectivités normandes ont signé à l’adresse du Premier ministre Jean Castex un courrier insistant sur la nécessité de lancer au plus vite les études techniques concernant le « saut-de-mouton », une infrastructure ferroviaire qui doit permettre de libérer les lignes normandes de l’engorgement des accès à la gare Saint-Lazare.

Au lendemain des annonces du gouvernement relatives au plan de relance dévoilé le 3 septembre dernier, une quinzaine de collectivités normandes emmenées par la région Normandie et son président Hervé Morin ont adressé du Premier ministre Jean Castex un courrier réclamant la réalisation du saut-de-mouton : une infrastructure qui consiste à réaliser un croisement dénivelé entre les voies ferrées au niveau de Clichy pour fluidifier l’accès à la gare de Saint-Lazare pour les trains normands.

Rame de type Francilien en gare Saint-Lazare.

Le saut-de-mouton en amont de la gare Saint-Lazare doit faciliter les flux de circulation des trains normands et franciliens. © JGP

Un enjeu majeur pour le territoire normand, soulignent les élus qui rappellent que « la Normandie est l’une des rares régions de France qui a vu sa desserte ferroviaire se dégrader depuis les années 1970 avec l’allongement continu du temps de trajet en train vers Paris ».

Un projet qui coûterait entre 160 et 200 millions d’euros

Pour la Région, désormais autorité organisatrice de transport et qui a investi avec le soutien de l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de transport de France) 720 millions d’euros dans l’achat de 40 rames, puis de 27 rames supplémentaires sur fonds propres pour 480 millions d’euros, le mécontentement des usagers devient chaque jour plus difficile à juguler. La solution, pour l’essentiel, réside dans la réalisation de ce saut-de-mouton qui couterait entre 160 et 200 millions d’euros.

Et si les élus normands en appellent aujourd’hui au Premier ministre, c’est qu’outre le coût de ce projet, sa localisation en Ile-de-France semble poser problème. Hervé Morin et ses cosignataires insistent d’ailleurs sur leur « volonté farouche de le voir aboutir le plus rapidement possible sans qu’il subisse de retards liés à des difficultés de décision de la Région Ile-de-France indépendantes de ce dossier » !

Mouvements sur l’échiquier politique normand

Si ce courrier met au grand jour les divergences de vue entre les conseils régionaux de Normandie et et d’Ile-de-France, il révèle également des mouvements stratégiques sur l’échiquier politique normand. Comment ne pas s’étonner de l’absence parmi les signataires du maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie Nicolas Mayer-Rossignol (PS), pourtant concerné au premier chef par ce projet pour lequel le conseil communautaire a voté dès le 22 juillet dernier une délibération confirmant la volonté de la métropole de participer au financement du saut-de-mouton, alors qualifié de « première pierre de la LNPN (Ligne nouvelle Paris Normandie) » ?

Envoyé à Jean Castex le 4 septembre dernier, le courrier des élus normands n’a été rendu public que le 22 septembre, soit au lendemain des annonces communes d’Edouard Philippe, maire du Havre et président de Le Havre Seine Métropole, et de son homologue rouennais Nicolas Mayer-Rossignol visant à « relancer la dynamique de la Vallée de seine » !

Hervé Morin, qui n’avait de cesse ces dernières années de louer ses bonnes relations avec l’ancien président de la métropole rouennaise Frédéric Sanchez (PS), a semble-t-il plus de difficultés à s’accorder avec son successeur qui pour sa part ne cache pas ses convergences de vue avec l’homme fort du Havre, Edouard Philippe. Des tiraillements dont on imagine mal qu’ils puissent jouer en faveur d’une accélération du calendrier de la LNPN.

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