Le groupe papetier britannique a investi près de Rouen 90 millions d’euros pour remplacer une chaudière au charbon par une chaudière biomasse alimentée par des déchets bois. Un projet d’économie circulaire qui aura nécessité « neuf années de planification collective ».
DS Smith aura tenu les délais. Annoncé en novembre 2023 en présence de l’état major du groupe britannique, du président de la métropole Nicolas Mayer-Rossignol ainsi que du préfet de région Jean-Benoît Albertini, le projet de conversion d’une chaudière à charbon en chaudière biomasse sur le site de la papeterie de la Chapelle à Oissel, prévu pour entrer en service en 2025, est donc désormais opérationnel. Dès 2023, DS Smith avait confirmé un investissement de 90 millions d’euros sur le site de l’ancienne papeterie de la Chapelle créée en 1928 sur les bords de Seine. Le projet ambitionnait alors d’économiser environ 100 000 tonnes d’émissions carbone par an grâce à une chaudière alimentée par des déchets de biomasse.

Chaudière biomasse de la papeterie de la Chapelle à Oissel (Seine-Maritime). © DS Smith
« La nouvelle chaudière, qui traitera environ 94 000 tonnes de biocarburant par an, réduira les émissions carbone de 99 000 tonnes par an et supprimera la dépendance aux énergies fossiles ». Ce qui correspond, précise DS Smith, à la consommation annuelle d’approximativement 13 000 foyers, ou 40 000 voitures en moins sur les routes pendant un an. DS Smith vante ainsi une approche « circulaire » qui va lui permettre d’utiliser en parallèle des déchets de bois industriels ou locaux, notamment des déchets issus du BTP ou encore du mobilier, en provenance de la région parisienne (70 %) et de Normandie (30 %) qui viendront s’ajouter aux sous-produits papetiers issus de ses propres process. Au total, 70 000 tonnes de déchets bois devraient ainsi éviter une mise en décharge pour alimenter la chaudière.
Un projet « révolutionnaire » pour le groupe DS Smith
Pour le groupe, il s’agit de l’aboutissement de « neuf années de planification collective » avec les autorités françaises et les partenaires industriels de ce projet tel le groupe Engie dont la filiale Engie solutions va exploiter la chaudière biomasse de la papeterie d’Oissel. Un projet qualifié par DS Smith de « révolutionnaire », soutenu par la région Normandie ainsi que par l’Ademe à hauteur de 15 millions d’euros. Le groupe britannique explique vouloir s’appuyer sur cette expérience rouennaise pour dupliquer sa solution dans d’autres sites européens qu’il exploite grâce à une chaudière qui « permet de repenser l’utilisation des déchets bois », se félicite Pierre Jegu, directeur du cluster papier de DS Smith. « Nous réalisons d’importantes économies de carbone et encourageons une économie circulaire » sur ce site qui a rejoint le giron DS Smith en 2019.