Nouveau calendrier pour la Ligne nouvelle Paris-Normandie

Le comité de pilotage de la Ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) qui s’est tenu le 14 février 2020 a posé un calendrier de travail pour les trois prochaines années, relançant ce projet en suspens.

La loi d’orientation des mobilités, qui avait posé les grandes échéances de la LNPN, ne suffisait pas. Il a fallu que le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari signe des courriers validant les fuseaux de passage (soit le tracé approximatif de la ligne) et fixant les études à mener pour les trois prochaines années pour que le projet soit vraiment relancé. Un nouveau départ acté par un comité de pilotage qui ne s’était pas tenu depuis octobre 2017 et la proposition de ces fuseaux qui attendaient jusqu’alors leur validation gouvernementale.

L'amélioration de l'intermodalité nécessiterait d'intervenir à la fois sur les aspects organisationnels, tarifaires et l’information voyageurs.

Eole et la réalisation du « saut de mouton » en avant gare de Saint-Lazare doivent permettre de fluidifier le trafic entre Paris et la Normandie. © JGP

« La LNPN a vraiment redémarré avec la signature de ces lettres, c’est une étape très importante », remarque François Philizot, délégué interministériel au développement de la Vallée de la Seine et président du comité de pilotage. Si des études ont tout de même été menées depuis fin 2017 (autour de Nanterre et de Flins notamment), la validation du tracé va désormais permettre de reprendre réellement les travaux.

Le « saut de mouton » pour 2030

Première étape, la réalisation du « saut de mouton » visant à décroiser les flux banlieues et grandes lignes en avant gare de Saint-Lazare. Un ouvrage d’art de 600 m au niveau de Levallois et de Clichy qui permettrait d’apporter de la régularité aux trains en direction de Normandie. Ce projet à 160 millions d’euros pourrait être opérationnel aux alentours de 2030. La mise en service d’Eole aura précédemment réduit la pression à Saint-Lazare grâce à la refonte complète du plan de voies à Mantes.

Deux sections sont ensuite désignées comme prioritaires : Paris-Mantes et Rouen-Barentin. « Nous allons préparer les dossiers d’enquête publique qui pourrait se tenir à l’horizon 2024 », note le préfet Philizot. La réalisation du premier tronçon pourrait être engagée vers 2028 pour une durée de cinq ans et l’autre sera lancée ensuite.

Deux autres sections doivent faire l’objet d’études complémentaires sur des points sensibles avant de déboucher sur des déclarations de projet. Sur Barentin-Yvetot, des problèmes persistent sur le raccordement des deux côtés. Sur Mantes-Evreux, ce sont la traversée de l’Eure et la nouvelle gare d’Evreux qui présentent encore des difficultés.

Financement en discussion pour le CPIER

Pour mener la première série d’études sur 2020-2023, 23,8 millions d’euros sont nécessaires. Leur financement fait partie des négociations entre l’Etat et les régions Ile-de-France et Normandie dans le cadre du prochain contrat de plan inter-régional (CPIER). Une première brique qui doit aboutir à l’été pour un projet global qui nécessitera des sommes bien plus importantes, la section Paris-Mantes étant par exemple évaluée à 2,7 milliards d’euros.

D’ici à l’été doit également être calé le dispositif de concertation avec la Commission nationale du débat public. Ceci permettra d’aboutir à une réunion de présentation du programme de travail à la rentrée. Le prochain comité de pilotage de la LNPN est, lui, prévu en septembre prochain.

D’autres études vont par ailleurs être financées par le conseil régional de Normandie concernant la dernière section de la ligne, le Y de l’Eure, afin d’avoir une vision plus précise des fuseaux de passage. Cette opération ne fait toutefois pas partie des chantiers programmés dans la loi d’orientation des mobilités, et n’est donc envisagée qu’après 2037.

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